24/02/2008

XIX. Des fraises et du chien au menu.

Deux infos concomitantes m’hérissent le poil.

 

Ici, certains s’offusquent d’une habitude alimentaire des Chinois consistant à  consommer du chien. Les prochains Jeux olympiques offrent l’occasion de faire pression sur les dirigeants chinois, comme c’est le cas, timidement, pour le respect des droits de l’homme, afin que ceux-ci légifèrent vers une interdiction de cette tradition culinaire. S’il s’agissait d’obtenir que l’animal en question soit élevé proprement et abattu sans souffrances inutiles, j’approuverais des deux mains. Mais pourquoi vouloir leur interdire de consommer du cleb s’ils aiment ça ? Que je sache, le chien n’est pas un animal en voie de disparition. Par ailleurs, nous mangeons bien du lapin, de l’agneau, du veau, du porc, des grenouilles, du poulet, du cheval, du poisson, des cailles, des escargots et une panoplie invraisemblable d’animaux plus ou moins juteux. Foi de quasi-végétarien, je ne comprends d’ailleurs pas ce goût pour la chair animale que je trouve parfaitement fadasse, mais passons. Sous prétexte que nous idolâtrons à outrance nos toutous, il faudrait que l’humanité entière trouve ignoble d’en consommer. Quand on songe qu’il est responsable, à lui seul, de plus de morsures que tous les autres animaux réunis, il n’est que justice que nous le croquions à notre tour. Ils me font pitié, ces pseudo humanistes ramollis, qui voudraient étalonner la valeur de l’humanisme, voire de l’intelligence, autour de normes comportementales édictées du haut de leur prétention à juger autrui sur base de tels critères.

 

Les premières fraises sont arrivées. Déjà ! Cela vaut un spot au journal télévisé, comme un exploit sportif. C’est effectivement une sorte d’exploit de proposer, chez nous, de tels fruits en plein mois de février. Pour quoi faire ? Pour régaler quelques m’as-tu-vu fortunés, prouver un savoir-faire en matière agronomique, arriver avant les autres sur le marché. Afin d’obtenir ces fruits, il a fallu sélectionner des variétés hâtives et résistantes, construire et chauffer des serres, envisager un système de croissance hors sol et des protections phytosanitaires particulières. Au final, on a des fraises en hiver dont on fait croire qu’elles ont du goût. On nous conditionne à trouver cela normal, à avoir envie d’en consommer, d’en réclamer n’importe quand comme s’il s’agissait d’un produit vital. Quand on songe à la quantité d’énergie gaspillée pour obtenir ces fraises hors saison, comme tout le reste d’ailleurs, qui par répercussion affecte la biodiversité, le climat, la qualité de vie en général, la survie de l’humanité au final, on ne peut que leur trouver une amertume certaine. Que les producteurs s’ingénient à créer des trucs et des machins superflus en nous faisant croire qu’ils sont indispensables, c’est de bonne guerre. Mais que le consommateur soit assez con pour se laisser ainsi conditionner, cela me dépasse. Il suffit pourtant de poser un acte simple, ne pas acheter ce qu’il n’est pas normal d’acheter, comme des fraises en hiver, et non plus glorifier ce genre d’exploit, mais au contraire trouver cela stupide et fustiger les cons qui tombent dans le panneau. À choisir, le quasi-végétarien que je suis préfèrerait encore manger Milou en chine qu’une fraise chez nous en hiver.

 

14:02 Écrit par Tonton dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

12/02/2008

XVIII. Clope, impair et manque.

Mesdames et messieurs les fumeurs, ce n’est pas fini ! Vous croyiez peut-être en être quitte avec toutes ces lois antitabac qui, dans un nombre croissant de lieux, vous empêchent désormais d’intoxiquer impunément celles et ceux qui n’ont pas envie de subir votre agression ?

 

Enfin, on respire dans les bureaux, les salles de réunions, les restaurants, les transports en commun, bientôt aussi les bistrots… Vous vous dites sans doute que cela va s’arrêter là, que le législateur doit forcément vous laisser des « espaces de liberté » où vous pourrez continuer à tousser en paix ? Hélas pour vous, tant que vous n’accepterez pas de comprendre que votre fumée est incommodante et que votre incivisme (fumer en présence d’autrui sans demander si cela gêne, sans demander la permission ni même s’excuser est de l’incivisme), vous n’en aurez pas fini avec des lois de plus en plus restrictives.

 

La prochaine loi pourrait ressembler à un gag, mais elle me paraît au contraire une étape fort intéressante avant une interdiction pure et simple de fumer en rue. En effet, depuis l’interdiction de fumer au travail, les employés font de fréquentes escales à l’extérieur pour en griller une. La pause café se délocalise sur les trottoirs, sous les immeubles de bureaux, devant les entrées de magasins. Des litières à mégots agrémentent les entrées d’immeubles comme des bénitiers du vice. Je ne parlerai pas du manque de productivité qu’occasionnent vos absences répétées, en plus de vos performances physiques et intellectuelles amoindries par la drogue, cela ne me concerne pas. Par contre, quelle plaie de se déplacer en ville sur ces trottoirs que vous squattez clopes au bec. Vous êtes devenu de loin la première nuisance olfactive des villes, loin devant les odeurs d’échappement, de transpiration, de grillade suspecte, de crotte de chien, d’urine ou de vomi.

 

Aussi, dans un premier temps, je propose d’appliquer envers les fumeurs le principe du stationnement alterné. Les quinze premiers jours du mois, autorisation de fumer du côté de la rue portant les numéros pairs, les quinze derniers du côté impair… Au moins ainsi, chacun pourra choisir son côté de la rue où marcher sans devoir porter un masque, au propre comme au figuré. Naturellement, ce ne sera qu’un pis-aller avant une interdiction totale de fumer en rue, ce qui règlera aussi le problème des nuisances sur les foires, brocantes et autres manifestations publiques de plein air.

        

14:17 Écrit par Tonton dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |