II. Tags et graffitis, indigence artistique maximale.

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29/05/2007

III. Mais tu dois voter !

Comment ? Tu ne vas pas voter aux prochaines élections ? Mais tu dois voter !

C'est par cette formule lapidaire que je me suis récemment fait clouer le bec par une jeune dame intimement convaincue, j'en suis sûr, de la pertinence morale de ses propos. Mes arguments, bien sûr, n'ont rien modifié de son jugement. Il n'est de pire sourd, n'est-ce pas... Cela m'a fait penser à ces braves américains des quartiers " bien-pensants ", qui accueillent si chaleureusement leurs nouveaux voisins tout en s'enquérant de leurs croyances religieuses. Si le nouvel arrivant s'affirme croyant, peu importe la chapelle où il est affilié, le voici admis dans la communauté. Entendez : ce nouveau voisin est normal et sain d'esprit, puisqu'il croit en Dieu (sic). Mais s'il s'affirme athée, le voici rejeté tel un pestiféré de l'esprit.

Il y a aujourd'hui, chez nous, quelque chose dans l'air du temps qui fait surgir ce genre de formules où il est péjorativement entendu que celui qui refuse d'aller voter est, comme qui dirait, un individu n'ayant pas toutes ses facultés mentales, ou pour le moins ayant une conscience politique atrophiée, voire pervertie par je-ne-sais quelle idéologie pernicieuse ! Jadis, on avait droit à des épithètes plus savoureuses ou du moins plus explicites. On était un rebelle, un anarchiste, un inconscient ou tout simplement un paresseux. Aujourd'hui, on suggère à demi-mot que, si tel est votre choix, c'est sans doute parce que vous manquez d'entendement, de conscience citoyenne, de maturité politique, voire de capacité intellectuelle pour saisir toute l'importance de cet acte. Cette culpabilisation insidieuse conduit beaucoup de personnes aux urnes, notamment celles qui, justement, n'entendent pas grand-chose au sujet, mais espèrent ainsi masquer leur ignorance ou leur désintérêt.

Je ne citerai ici que quelques-uns des motifs qui, alors que je me targue de posséder une " conscience citoyenne " de bon aloi et une relativement bonne connaissance des programmes politiques, j'ai décidé de ne plus voter.

Le premier est assurément l'obligation de vote en Belgique. Cette obligation réduit à néant la pertinence de la mobilisation citoyenne. La moindre des choses pour valider des élections serait d'atteindre un taux de participation libre suffisant. Pas de risque de trop d'abstentions si le vote est obligatoire ! Le vote " blanc " n'est pas comparable à une réelle abstention car toujours profitable d'une manière ou d'une autre aux partis. Quant au vote nul, il est devenu impossible avec le vote électronique. Or, dans ces conditions, comment marquer une désapprobation, comment sanctionner le politique sans pour autant encourager un parti d'extrémistes ? Il faut pouvoir s'abstenir efficacement, tourner symboliquement le dos aux hommes politiques dont on désapprouve les actes antérieurs, les programmes proposés et les toujours possibles alliances contre nature. Je souhaiterais pouvoir voter contre en même temps que je vote pour, simple bon sens. Admettons que mes sympathies aillent vers la liste A, au sein de laquelle se place un individu Z que j'estime détestable et incompétent. Je souhaiterais voter pour A et contre Z, en espérant que cette sanction, cumulée, empêche Z de posséder des mandats au sein de A. Il n'y a guère de difficultés techniques à organiser un tel scrutin. Et pourquoi ne pas panacher ainsi le tir entre les listes, afin de viser les personnes plus que les programmes, tant ces derniers sont devenus des melting-pots aux frontières incertaines.

Je pourrais développer bien d'autres motifs justifiant un refus de participer à cette mascarade épisodique (moralité, compétence, honnêteté des politiques, capacité des électeurs et des élus, modalités de scrutin, répartition des mandats, jeu des alliances... ), une autre fois peut-être, mais je ne voudrais pas vous saouler. De toute façon, on me traitera de sot ou d'utopiste, mais les faits parlent d'eux-mêmes. Les politiciens n'ont plus guère de pouvoir de gestion au niveau international, infiltrés et téléguidés qu'ils sont par l'industrie et la finance. Au niveau national et régional, ils perdent plus d'énergie à se combattre entre eux, à vaincre de l'inertie administrative et à cultiver des intérêts privés, qu'à s'unir pour le bien commun. Dans un tel contexte, et tant qu'un parti ne proposera au moins une amorce de réforme allant dans le sens précité, je vote contre tous par la seule voie logique, le bras d'honneur symbolique. Et si on me punit pour ce " délit d'opinion ", je porterai ce blâme tel un titre honorifique.

23:19 Écrit par Tonton dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

juste un petit coucou. demain c'est le grand départ :o). Je te contacte quand je rentre. Bonne soirée à toi.Bisoussssssss.

Écrit par : petite lune | 12/06/2007

Bravo

Écrit par : Pat | 31/05/2009

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