II. Tags et graffitis, indigence artistique maximale.

" />

»

20/05/2007

I. Fumeurs versus non-fumeurs, round 2 !

Pour rappel, le premier round de cette confrontation, remporté après d'âpres combats par les non-fumeurs, avait pour enjeu l'interdiction de fumer dans les endroits publics tels que gares, trains, avions, bureaux, lieux de travail, restaurants… Malgré quelques concessions, cette victoire contre les empoisonneurs marque une avancée salutaire dans le respect des libertés de celles et ceux qui ne souhaitent pas se voir imposer cette nuisance olfactive.

Il faut dire aussi que ce premier round fut précédé d'une très longue période d'observation durant laquelle les différents protagonistes, pas toujours antagonistes d'ailleurs, usèrent pour s'entendre d'une courtoisie à géométrie variable, mais allant néanmoins, signe des temps et des moeurs, vers une disparition pure et simple de la politesse et des bonnes manières, le fumeur se permettant de vicier l'air ambiant, où qu'il se trouve, sans plus se soucier de l'avis d'autrui.

Il fut un temps, jadis, où le fumeur avait conscience que son " plaisir " (drôle de nom pour une addiction cancérigène ?) risquait de gêner son entourage, et il demandait alors la permission d'en griller une quand l'envie lui venait. Généralement, on la lui donnait, parce qu'un non-fumeur sait être courtois quand cela lui est demandé poliment, et même parce qu'il n'est pas toujours désagréable, même pour un non-fumeur, de humer quelques instants les effluves d'un vrai tabac. Avec le temps, les fumeurs ont bien changé et le tabac aussi ! Si l'odeur de la pipe, des cigarettes roulées ou de quelques cigares sait parfois être agréable aux narines du non-fumeur, il n'en va certainement plus de même des cigarettes industrielles dont la pestilence n'a d'égale que la nocivité, à force évidemment d'y avoir ajouté des substances exotiques afin de renforcer, business oblige, la dépendance des drogués. La publicité et le lobbying incessant des cigarettiers ont longtemps influencé une mode du glamour où la cigarette (en même temps que bien d'autres futilités commerciales) tenait lieu d'ingrédient indispensable à l'épanouissement social et personnel. Nous n'allons pas refaire l'histoire, les arguments commerciaux, comme souvent lorsqu'ils sont enrobés de mensonges et d'artifices, ont d'abord vaincu la raison et le bon goût lui-même des consommateurs. Il a fallu pléthores de démonstrations, d'études scientifiques, de procès retentissants, pour qu'enfin le législateur s'intéresse au sort des uns comme des autres et impose les premières règles de bonne conduite. Ouf, il est enfin possible de déguster sa sole meunière sans être dégoûté par le sagouin d'à côté qui, déjà arrivé au café ou même entre deux plats, se permet de jouer au solfatare comme s'il était seul au monde.

Mais, naturellement, ce n'est pas assez ! Il est temps d'engager le deuxième round, à savoir l'élargissement de l'interdiction de fumer à tous les lieux publics non fermés, ainsi qu'aux lieux privés mal fermés… hé oui !

Conséquence de l'interdiction de fumer dans de nombreux endroits, on rencontre aujourd'hui de pathétiques agrégats de drogués du tabac sur de petits territoires " aérés " où ce vice ainsi concentré n'en devient que plus incommodant pour les non-fumeurs ayant à passer par là. C'est ainsi que les trottoirs sous les immeubles de bureaux, devant les magasins, voire les hôpitaux, sont devenus de véritables infections dont tout le monde profite. Ne parlons même pas des quais de gare où les pafteurs-naveteurs se dépêchent d'en griller une dernière avant de monter le train. Que dire aussi des foires et brocantes où, dans la foule, croisent en permanence des fumerolles ambulantes qui vous soufflent à la gueule leur nuage de merde ! Assez, tout simplement assez ! Y en a marre de devoir supporter cette pollution au non de je-ne-sais quelle stupide notion de liberté individuelle.

Comment !? Vous voulez nous interdire de fumer en plein air à présent ? Et notre liberté alors, espèce de facho ( ?), intransigeant et grognon ! Je conçois qu'il est difficile pour un fumeur de comprendre à quel point ce qu'il croit sincèrement être un plaisir peut-être incommodant pour d'autres. Seuls les ex-fumeurs, ceux qui ont retrouvé les goûts subtils de la nourriture et des parfums, savent ce qu'il en est. Alors oui, je veux une interdiction de fumer en tous lieux, couverts ou non, aérés ou non, où peuvent se trouver à moins de cinquante mètres des personnes ne souhaitant pas être exposées à cette puanteur. J'élargirai même cette interdiction aux automobiles, tant il est désagréable de devoir suivre un véhicule dont le conducteur refoule autant de gaz délétère que son moteur (à moins qu'un système de filtration de l'air entre l'habitacle et l'extérieur ne soit mis en place). Il restera alors aux fumeurs : les grands espaces et la sphère privée de l'habitation, ce qui n'est pas si mal.

Pour exiger cette nouvelle interdiction, je ne m'appuierai que sur la logique. Les derniers arguments des fumeurs : leur liberté, la légalité du poisson nommé tabac et le fait que l'air extérieur appartient à tout le monde, ne tiennent pas devant la plus élémentaire logique. Imaginez que, pour me débarrasser d'insectes nuisibles, je me procure un puissant insecticide à la droguerie du coin. C'est mon droit de bousiller les moustiques qui envahissent ma chambre. Le poison en question est en vente libre, je peux donc me le procurer et l'utiliser. Or, rentrant chez moi, bombe en poche et traversant la foule, voici que le récipient sous pression présente une défectuosité et laisse échapper son poison. Les gens m'interpellent, m'invitent à remédier au problème. Certains se pincent le nez, d'autres s'écartent. On ne me jette pas encore des pierres car l'affaire est accidentelle. Imaginez maintenant que je le prenne de haut et que, par bravade, je ne remédie pas à la situation. Pire encore, pris d'une sorte de folie (l'esprit engourdi par le poison qui m'enveloppe plus que les autres…), je répande volontairement dans la foule ce qui reste de ma bombe insecticide. Il est clair que je me retrouverais au poste de police en moins de deux, et ensuite, pour peu que je récidive, devant le juge ou chez les fous ! Même les fumeurs conviendront qu'il n'est pas " normal " de répandre aussi inconsidérément du poison autour de soi, d'incommoder les gens qui n'ont rien demandé. Je ne sais pas si le tabac est plus ou moins nocif qu'un insecticide domestique, mais il est certainement tout aussi incommodant. En vertu de cette logique, exigeons du législateur qu'il fasse appliquer les mêmes consignes : pas d'épandage de ce poison dès qu'il y a à proximité au moins une personne ne souhaitant pas subir cette nuisance. Et puisqu'il est impossible de légiférer au cas par cas ou de demander un referendum à chaque fois qu'un fumeur désire en allumer une, appliquons une directive générale : plus de tabac ailleurs que dans les grands espaces ou dans la sphère privée.


15:04 Écrit par Tonton dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

hé,hé, es-tu prêt à te mettre à pédaler pour aller à ton boulot ? ;o). Merci pour ton passage chez moi. Je te souhaite un bon w-e. Bisoussssssss.

Écrit par : petite lune | 27/05/2007

Vous êtes sévère mais c'est indéniable vous avez raison de vous révolter.

Écrit par : minouche | 22/07/2007

Alphonse Allais Voyant que le progrès consistait à remplacer les locomotives à vapeur par des locomotives électriques, Alphonse Allais proposa d'électrifier les fumeurs. Ce qui ne fut jamais apliqué, les fumeurs n'étant pas toujours amis du progrès social...

Écrit par : Virgile | 10/08/2007

Sans vouloir relancer la polémique, la sphère privée pose aussi un problème à mon sens, à partir du moment où elle est partagée par différentes personnes - en particulier les enfants.

Écrit par : Tici | 11/09/2008

Les commentaires sont fermés.